CALOMNIEZ, Calomniez, il en restera toujours quelque chose.

La situation de crise que traverse la profession d’avocat favorise l’épanouissement d’esprits négatifs comme autant de plantes vénéneuses qui, partisans de la destruction des acquis professionnels, ont volonté aveugle  ou calculé de pouvoir au mépris de l’intérêt général.

Hier c’était le CONSEIL NATIONAL DES BARREAUX, aujourd’hui, c’est la CREPA  Caisse de Retraite de nos salariés qui devient la cible privilégiée de ces esprits chagrins, les uns par ambition personnelle et électoraliste à la veille des élections au CNB, les autres parce qu’ils prétendent imposer leur vision ultra- libéraliste des rapports sociaux.

L’histoire est riche de conquêtes violentes  de pouvoir par la destruction systématique de l’existant qui ont abouti le plus souvent à des catastrophes.

Et la tentative d’affaiblissement de l’institution CREPA, ne manquera pas d’entraîner la perte de droits pour les salariés du fait de sa suppression et la disparition pour les employeurs d’un outil de liberté et d’autonomie face aux tendances jacobines des pouvoirs publics.

La technique employée n’est certes pas originale : l’on entonne l’air de la calomnie et l’on brandit la menace.

L’article récent sous signature ABF n’échappe pas à cette pratique en alertant la profession par une question simple mais intrigante :

 

« Que se passe-t-il à la CREPA ? »

L’ABF nouveau cru, , au lieu de proposer à la réflexion des partenaires sociaux ,en véritable responsable syndical, le devenir des caisses de retraite et en particulier de la CREPA dans le contexte économique et social actuel, préfère, sur des données incertaines, stigmatiser l’institution par une approche négative de celle-ci.

Cette attaque injuste est d’autant plus surprenante de la part d’un supposé représentant des avocats des petits et moyens barreaux, que sous la plume de l’auteur de l’article transparaît  un chantre zélé de la thèse ultra libéraliste soutenue par un syndicat de grands cabinets d’affaires qui refuse d’appliquer la règle de  solidarité sociale et tentent par tous moyens pervers de la détruire.

 

Que se passe-t-il à la CREPA ?

Rien qui puisse justifier d’une politique destructrice systématique de l’institution.

Certes, toute oeuvre humaine est perfectible ; faut-il pour autant prôner une politique de table rase sans prendre la précaution de préserver l’aspect positif de celle-ci. ?

Car en faisant naître un doute autour de cette institution, j’ose espérer que l’ABF n’a pas eu conscience exacte de la remise en question que cela implique, de décisions prises par son conseil d’administration, ses assemblées générales, avec, faut-il le rappeler, les voix de  ses membres.

En conséquence ces décisions heureuses ou maladroites lient l’ABF et s’il y a critiques elles s’adressent également  à ce syndicat.

 

Car en accusant cette institution de « pratiques cachées aux  cotisants » l’ABF  semble n’avoir pas pris la mesure des conséquences d’une telle allégation qui reproche ouvertement à

– l’organisme de contrôle ACP-R sous lequel la CREPA est placé

– l’expert comptable et les commissaires aux comptes de cette institution de complicité d’agissements déviants.

 

Car en portant la suspicion sur les décisions prises par les partenaires sociaux, selon la loi de la majorité, l’ABF remet en question la régularité de celles-ci est donc l’honnêteté de l’ensemble des collèges salarial et employeur en ce compris les membres de ce syndicat.

Position suicidaire qui n’apparaît donc pas raisonnable.

Ces critiques qui n’ont pour but que d’inquiéter sans raison les adhérents et cotisants participent du processus de destruction de l’institution menée par certains grands cabinets d’affaires sous couvert de leur syndicat catégoriel, cabinets ,l’on doit souligner, qui ont bénéficié des avantages du régime CREPA mais qui refusent systématiquement de cotiser et doivent actuellement pas moins de 4 millions d’euros de cotisation imposant au reste de la profession un surcroît d’effort financier.

 

Les  préoccupations de l’ABF devraient donc être prioritairement centrées sur ce scandale pour aider l’ensemble de la profession à mieux le réduire.

 

Doit-on comprendre que l’ABF, qui semble remettre en question le régime CREPA et douter de sa pérennité entende épouser le système inégalitaire prôné par certains gros cabinet d’affaires consistant  à confier la retraite de leurs salariés à des assureurs marchands dans le cadre de négociations cabinet par cabinet ou barreaux par barreaux.

Ce serait là un singulier  exemple de défense des intérêts  de la profession d’avocat en toutes ses composantes- employeurs salariées- en les livrant à la loi du plus offrant et donc du plus fort.

J’avais la faiblesse de penser que,  traditionnellement,l’ABF était représentative des intérêts des petits barreaux et des TPE et PME de la profession et qu’il était donc de son devoir de préserver le principe de solidarité, d’égalité et d’intérêt général, credo de la CREPA.

Je constate avec inquiétude, de par la nature des critiques apportées, que sans doute pour des raisons d’alliances électorales, l’ABF nouvelle mouture, semble s’inscrire dans la mouvance des représentants syndicaux des grands cabinets qui préfèrent le libéralisme sauvage et donc la loi du plus fort à l’égalité et à la solidarité sociale.

De grâce l’ABF se doit d’éviter de proférer des contrevérités dommageables à la profession car il est à craindre que celle-ci lui en fasse un jour reproche.